L’ergonome définit la bonne posture
… En fait, pas du tout !!! … loin de là !!!
Lorsqu’on évoque l’ergonomie, beaucoup pensent immédiatement à la posture : dos droit, pieds à plat, écran bien positionné… C’est une image classique, mais très réductrice du métier d’ergonome.
La posture n’est qu’un symptôme, le résultat d’autre chose
De nombreuses interventions ergonomiques partent d’un constat comme les douleurs au dos, aux épaules, la fatigue, l’inconfort … résultant sur des plaintes, de l’absentéisme, des revendications, des arrêts de travail, des restrictions d’aptitude. Or, ces troubles ne sont que la partie visible de l’iceberg.
La posture, souvent considérée comme « mauvaise », est en réalité le résultat d’une situation de travail inadaptée de l’organisation, des outils inappropriés, du manque de temps, des contraintes physiques, de la pression mentale …
Plutôt que de corriger la posture, l’ergonome de l’activité cherche à comprendre pourquoi cette posture est adoptée ( file:///C:/Users/daher/Downloads/tf152%20(3).pdf ). Et à agir sur les causes profondes.
L’ergonomie et son analyse du travail réel
Le cœur de l’ergonomie de l’activité, c’est l’analyse du travail réel. Ainsi, l’ergonome de l’activité se déplace sur le terrain pour observer, écouter les salariés(es), comprendre les contraintes concrètes, les arbitrages, les ajustements qu’ils font chaque jour.
L’ergonome ne vient pas avec des recettes toutes faites. Sa démarche est participative. Il vise à adapter le travail à celles et ceux qui le font, en tenant compte de l’ensemble du contexte : technique, organisationnel, relationnel, temporel, économique.
Au-delà de la posture, il est question de l’activité dans sa globalité
L’ergonomie s’intéresse :
- À la charge physique, mais aussi à la charge mentale ;
- Aux gestes, mais aussi aux flux d’informations, à l’autonomie, au sens du travail ;
- À la santé, mais aussi à la performance et à la durabilité de l’activité.
En bref, l’ergonome ne corrige pas un geste. Non, l’ergonome ne définit pas la bonne posture. Il initie, soutient et participe à la transformation des conditions d’exécution du travail en fonction des possibilités des entreprises ( https://bdergonomie.com/conseil-en-ergonomie-optimisez-la-sante-au-service-du-travail/ ).
Pour ouvrir la réflexion
L’ergonome définit la bonne posture ?
Réduire l’ergonomie à la posture, c’est passer à côté de son intérêt majeur. Ce dernier est d’améliorer les situations de travail dans leur globalité. En effet un(e) travailleur(se) travaille avec son corps, avec sa tête, ses émotions, ses contraintes et son environnement.
Cet article est issu de la rubrique : « Comprendre l’ergonomie »
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Sources inspirantes
- Falzon, P. (2004). Ergonomie (sous la direction), PUF
- Guérin, F., Laville, A., Daniellou, F., Duraffourg, J., & Kerguelen, A. (2006). Comprendre le travail pour le transformer : la pratique de l’ergonomie. ANACT.
- Guérin, F et Al. (2021). Concevoir le travail, le défi de l’ergonomie. Octarès
Benoît Dahéron
Ergonome et Formateur
Spécialiste en prévention des risques professionnels et organisation du travail
TMS – RPS – QVCT – Usages
Vieillissement et transmission des savoir-faire
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